Preuve écarlate

Ensemble

Preuve écarlate

5 étoiles
Version
Version 7.0
Pièce
5 pièces

Donjon de la bénédiction : Érosion de glace — Snezhnaya

Bonus d’ensemble

Bonus de 2 pièces

Augmente l'ATQ de 18 %.

Bonus de 4 pièces

Augmente le taux CRIT du personnage équipé de l'artéfact de 16 % et ses DGT de réaction d'Astrodispersion de 40 % pendant 10 s lorsqu'il a déclenché une réaction d'Astrodispersion.

Pièces de l’ensemble

Honneur à ton dévouementFleur de la vieHonneur à ton dévouement

Un ornement floral d'un rouge éclatant, symbole de gloire flamboyante.

Histoire de la pièce

Mademoiselle Guillotin est assise sur la place centrale de Snezhnograd, où elle déguste un bortsch à l'extérieur, accompagné d'un café chaud relevé d'une touche d'alcool, à la manière des habitants du coin. À peine le café a-t-il été servi que le vent glacial le refroidit, mais chaque gorgée lui brûle tout de même la gorge jusqu'à l'estomac. Toujours aussi perspicace, mademoiselle Guillotin comprend immédiatement pourquoi le serveur aux oreilles pointues lui a recommandé une double dose d'eau de feu. Se rendre de Fontaine à Snezhnaya demande à mademoiselle Guillotin un effort non négligeable, la majeure partie du trajet consistant à traverser des étendues de neige. Il fait plus froid qu'elle ne s'y attendait, même si les routes se révèlent étonnamment praticables. C'est plutôt cet endroit étrange qui ne cesse de la ralentir. Elle voit des gens sauter torse nu depuis des arbres de plus de dix mètres de haut dans des congères, et des enfants faire la course sur des lacs gelés pour voir qui parviendra le premier à briser la glace et à tomber à l'eau. Celui qui a le plus de malchance gagne, et est donc le plus heureux de tous. Elle trouve cela encore plus difficile à comprendre que les petites histoires d'Alain mettant en scène des héros terrassant des dragons. Rien de tout cela ne semble servir à quoi que ce soit, et pourtant, tout lui paraît merveilleusement nouveau. Quelques mois plus tôt, assise sur un banc de la Cour de Fontaine, une tasse de thé à la main, elle observait, malgré l'air humide et brumeux, les travaux de rénovation en cours dans l'immeuble d'en face. Elle passait le temps en signalant les imperfections dans le travail des ouvriers. Loin de s'en offusquer, l'homme qui supervisait le chantier la remercia, ce qui lui laissa une bonne impression. Elle le laissa donc poursuivre cette conversation qu'il avait engagée de son propre chef. L'homme, qui s'était présenté comme le président de la branche d'une association, parlait d'un ton si doux et mesuré qu'elle en avait presque sommeil à l'écouter. En temps normal, cela aurait été une excellente occasion de se reposer. Malheureusement, depuis le départ d'Alain, elle avait toujours beaucoup trop de temps pour rester assise à ne rien faire et somnoler, et elle s'était habituée à s'occuper de questions insignifiantes sans rapport avec ses recherches alors qu'elle n'était qu'à moitié éveillée. Par exemple, le Palais Mermonia lui avait accordé une somme colossale à titre d'indemnisation à la suite du décès du duc Alain Guillotin. Elle n'avait nullement l'intention de regarder ces moras dormir jusqu'à sa mort, comme une avare. D'une part, elle savait pertinemment que cela n'arriverait jamais. D'autre part, elle ne souhaitait pas non plus faire l'objet, des siècles plus tard, d'une histoire d'horreur mettant en scène une poupée hantée cachée dans une cave. Elle avait entendu dire que la banque voisine proposait des plans d'investissement intéressants, mais une banque étrangère lui semblait intrinsèquement suspecte. Peu importe à quel point le directeur de la succursale à ses côtés vantait le généreux taux de financement de l'établissement, cela ne suffisait pas à convaincre la perspicace mademoiselle Guillotin. Se posait ensuite la question de savoir comment le pain pouvait-il être aussi amer que le café noir, ou comment une boisson pouvait-elle avoir le goût du pain. Alain l'avait soigneusement équipée de systèmes de perception gustative et thermique identiques à ceux d'un être humain. Comment était-elle donc censée vérifier s'ils pouvaient continuer à fonctionner de manière fiable en cas d'exposition prolongée à des températures aussi basses ? Le président de la succursale, d'une amabilité excessive, ne cessa de la divertir en lui racontant les récits de ses aventures à travers le monde, glissant de temps à autre un ou deux compliments. Il affirmait que même les aventuriers les plus aguerris auraient rarement l'occasion de rencontrer une femme d'une telle perspicacité, et que le simple fait de contribuer à corriger les défauts de conception d'un bâtiment était bien loin de mettre ses talents à profit comme il se doit. C'est ainsi que mademoiselle Guillotin posa sa tasse vide et décida d'aller goûter cette fameuse boisson au goût de pain. C'est à une table, quelque part au cœur d'un royaume de glace et de neige, qu'elle rencontra le Directeur des Fatui. À ce moment-là, elle se demandait quand avait été construit le Restaurant Podvorye, tandis qu'elle observait un volkodlak, encore plus maladroit que Pulonia, qui peinait à maintenir en équilibre un plateau entier de verres remplis à ras bord. Sur cette toile de fond d'équilibre fragile, l'homme masqué lui parla d'un idéal visant à sauver le monde. Il ajouta qu'un destin dépourvu de raison était un obstacle destiné à être surmonté, et que détruire l'ancien monde revenait à le sauver. Le destin et le salut étaient deux thèmes qui lui étaient familiers, mais qui lui semblaient désormais revêtir une signification particulière. « Oh, Alain... », pensa-t-elle. « Tu m'as donné une âme libre et exceptionnelle, mais t'es-tu déjà demandé ce que je choisirais d'en faire ? » Puis elle se dit aussitôt que ce n'était pas à Alain de répondre à cette question. C'était à elle de le faire, c'était une question à laquelle elle devrait faire face au cours de sa propre vie. Le héros qui maniait l'épée sacrée et le dragon qu'il était censé tuer, que celui-ci méritait ou non d'être tué, tout cela appartenait désormais au passé. Et pourtant, le monde attendait toujours d'être sauvé. Peu de temps après, elle se fit connaître sous le nom de Pantin, ou Sandrone, et assuma les responsabilités qui allaient de pair avec ce nom. Dans ses moments de répit, elle retournait s'asseoir à cette place qui lui était familière et contemplait la devanture de la Guilde des aventuriers. Derrière celle-ci se tenait une réceptionniste nommée Catherine, élégante et gracieuse, qui semblait insensible même aux vents hivernaux les plus violents et à la neige. Quelqu'un avait épinglé un programme de théâtre sur le tableau d'affichage voisin, ainsi qu'une affiche de recrutement des Fatui. Cette dernière arborait une fleur écarlate, plus éclatante encore que les jupes des comédiennes. Il s'agissait d'une médaille promise à ceux qui se consacreraient à la cause. Depuis que Sandrone avait découvert la véritable mission de la Guilde des aventuriers à Snezhnaya, rien de tout cela ne lui semblait inhabituel. Le grand idéal des Fatui était une bête vorace, et le talent comme l'intelligence étaient deux éléments indispensables à sa survie. Parfois, elle avait l'impression d'en faire partie, elle aussi.

Gloire à ton héritagePlume de la mortGloire à ton héritage

Une plume d'oie d'un rouge éclatant, offerte aux plus jeunes.

Histoire de la pièce

En théorie, à l'exception du Tsar Belyi qui a accepté l'autorité divine qui lui a été conférée par les cieux, aucun autre nivéole n'a la responsabilité de veiller sur les humains. Il est toutefois évident que cela n'a jamais empêché certains d'entre eux de rêver d'une vie humaine. Comme si parcourir librement la toundra ne leur procurait aucun plaisir, et que se blottir dans de grands manteaux et peiner à allumer un feu étaient les seules choses qui valaient vraiment la peine d'être appréciées. À vrai dire, Mirko faisait bel et bien partie de ceux qui avaient choisi de rejoindre le monde des humains. Mais il nie avoir jamais prétendu aimer ou admirer l'humanité. Il se contentait de dire que c'était une décision remarquablement bien avisée. Il aimait observer le monde et tirer des conclusions de ce qu'il voyait. Par exemple, examiner un groupe membre par membre pouvait s'avérer compliqué, mais d'une manière générale, on pouvait les classer en trois catégories : les plus jeunes, les plus âgés et ceux qui se trouvaient entre les deux, les désespérés. Les jeunes nivéoles, ou les jeunes créatures de toute autre espèce, ont tendance à faire preuve d'une grande capacité d'adaptation. Ils sont souvent façonnés par leur environnement, puis prétendent qu'il s'agit là d'une quête de soi et d'une recherche de sens. Animés par la ferveur de la jeunesse, ils s'engagent dans l'armée ou se consacrent à la recherche, contribuant ainsi à rehausser la gloire de Sa Majesté la Tsarine. Cependant, dès qu'ils dépassent un seuil d'âge absurdement élevé, ils ont tendance à adopter une attitude différente, plus évasive et plus résignée. Lorsque la Tsarine monta sur le trône, par exemple, l'une des premières lettres de félicitations qu'elle reçut provenait des contrées inhabitées de l'extrême nord. Si elle n'avait pas été signée du nom d'un des princes, on aurait pu se demander si son expéditeur était encore en vie. Quant à ceux qui se trouvaient entre les deux, peut-être refusaient-ils de croire que Sa Majesté avait véritablement péri dans la catastrophe, ou peut-être ne pouvaient-ils accepter que la couronne ait échappé à leur propre espèce. Quoi qu'il en soit, leur fureur obstinée parvint à s'embraser avec une certaine violence, ne serait-ce que pour un court instant. Se moquer de ses propres semblables serait généralement considéré comme un acte méprisable, mais Mirko ne pouvait tout simplement pas s'en empêcher. Il était inutile de le nier. Après tout, parmi les qualités selon lesquelles on juge les politiciens, « méprisable » est un qualificatif relativement modéré. Associé à une certaine clairvoyance, cela devient plutôt une qualité, celle de savoir évoluer avec son temps. Après y avoir bien réfléchi, Mirko a décidé de postuler pour rejoindre les Fatui. À vrai dire, il aurait été déçu si la Tsarine n'avait pas percé à jour ses intentions. En supposant, pour l'instant, que la sorcière soit encore considérée comme humaine, cette organisation d'imbéciles autoproclamés n'avait pas encore accueilli de nivéole parmi ses rangs. Mirko n'avait nullement l'intention de déguiser ses motivations en une lutte pour les droits de tous les nivéoles. Il se disait simplement que, si un nouveau monde devait bientôt voir le jour, il ne voulait pas découvrir qu'il n'y avait pas de place pour lui. La réponse des Fatui à sa demande était plutôt concise. Elle disait : « Monsieur Mirko Radovidovich Veleshek, veuillez vous présenter au maire. » La maire Ioanna Ivanovna occupait également la fonction de présidente du Veche de Snezhnograd, et cette situation a naturellement donné lieu à des interprétations divergentes parmi les observateurs. Aux yeux des étrangers, le fait de contraindre un nivéole à s'incliner et à devenir l'élève d'un humain constituait un avertissement de Sa Majesté à l'ancien ordre établi. Quant à Pulcinella, sa volonté d'endurer une telle humiliation pour obtenir une place parmi les Fatui pouvait être interprétée soit comme de l'ambition pure et simple, soit comme une admirable capacité à ravaler sa fierté. Un politicien avisé ne se précipiterait pas pour réfuter ces interprétations. Il ne manquait certainement pas d'ambition, comme en témoignait la haute estime que lui portait la présidente Ivanovna, qui voyait en lui un successeur probable à son poste. Quant aux humiliations, il en avait subi plus d'une. Ioanna Ivanovna était exceptionnellement douée pour tisser des complots élaborés tout en effaçant toute trace de sa propre implication, et Pulcinella, peut-être à cause de ses petites jambes, eut d'abord du mal à suivre le rythme. Après tout, Pulcinella avait appris toutes sortes de choses des humains, utiles ou non : la loyauté et l'art de semer la discorde, la maîtrise stratégique et le fait de faire semblant, le mauvais caractère et la manière de le dissimuler. C'est ainsi qu'il parvint à présider sereinement le Veche tout en rêvant de transpercer le mollet de Pantalone d'un coup de lance. Il fallait bien admettre qu'il avait été pris de court lorsqu'il avait fallu faire pression sur la Guilde des aventuriers. C'était d'ailleurs prévisible, puisque l'essentiel de son travail se limitait à Snezhnaya. Vous verrez bien, pensa-t-il. Ce fou souriant était peut-être le président officiel de la Guilde, mais Pulcinella ne laisserait jamais toute sa richesse et son influence tomber entre ses mains. Les humains avaient également influencé certaines habitudes de ce gentilhomme domovoy. Après la mort d'Ioanna Ivanovna, Pulcinella se surprit à se demander qui pourrait un jour lui succéder. Cette idée était plutôt absurde, car en faisant preuve d'une prudence suffisante, il pourrait probablement vivre jusqu'à la fin des temps. Peut-être qu'un jour, il se lasserait de tout cela, se lasserait d'imaginer de nouvelles façons de composer avec ses collègues, si différents les uns des autres. Pourtant, l'idéal que la Tsarine leur avait autrefois présenté correspondait à la vision plus large qu'il nourrissait dans son cœur. Il devrait tenir bon au moins jusqu'au jour où cet idéal serait réalisé, n'est-ce pas ? Bien sûr, le fait d'avoir écarté de son esprit la question d'un successeur n'empêcha pas Pulcinella de repérer un certain jeune homme bien des années plus tard. Ajax manquait manifestement de toutes les qualités requises pour être un homme politique. Pour commencer, il avait déjà choisi son maître et n'avait aucune envie de devenir l'élève de quelqu'un d'autre. Et si quelqu'un devait le guider, Capitano était sans conteste bien mieux placé pour endosser ce rôle. Ainsi, tout comme Ioanna Ivanovna l'avait observé autrefois, Pulcinella regardait Tartaglia grandir. Après une réunion matinale, il aborda discrètement le sujet avec Capitano, qui s'apprêtait à partir pour Natlan. Le lendemain même, Pulcinella aperçut de loin le sourire radieux de Tartaglia. « Regarde ! Je viens juste d'aller dire au revoir à Capitano, et il m'a donné ça... » Pulcinella reconnut immédiatement l'objet qui se trouvait dans la boîte. Il s'agissait d'une des plumes remises aux soldats lors des premières vagues de recrutement des Fatui. Sa couleur n'avait pas pâli, même après plusieurs siècles, preuve qu'elle avait été soigneusement conservée pendant tout ce temps. Pulcinella hocha la tête avec un sourire bienveillant. Tout comme un avenir transmis de génération en génération, cela aussi témoignait de sa clairvoyance.

Temps qui t'est offertSables du tempsTemps qui t'est offert

Une montre de poche d'un rouge éclatant, indiquant le temps alloué à une conversation.

Histoire de la pièce

À peine les affiches de recrutement avaient-elles commencé à apparaître sur les panneaux d'affichage de Snezhnaya que Pulcinella fit aménager plusieurs pièces tranquilles et confortables destinées à servir de salles de consultation. Entre eux, ils les appelaient « salles de consultation ». Pour tout le monde, elles étaient généralement connues sous le nom de « salles de réunion » ou simplement « petites salles », comme si le fait d'avoir besoin d'une consultation était un sujet honteux qu'il valait mieux cacher. Il y avait aussi « la salle obscure », un surnom dont l'origine était incertaine et que Capitano désapprouvait catégoriquement. Au départ, les Fatui formaient des consultants dûment qualifiés pour traiter toutes sortes de problèmes. Dans la pratique, cependant, de nombreux soldats hésitaient à se confier à des inconnus. Ils préféraient se tourner vers une personne en qui ils avaient confiance et, dans un endroit où ils ne seraient pas dérangés, parler de choses qu'ils ne voulaient pas voir révélées au grand jour. Ou simplement s'effondrer et pleurer. C'est ainsi que Pulcinella, toujours prévenant, assouplit quelque peu les règles. Une fois la réservation validée, n'importe qui pouvait passer quelques heures à l'intérieur pour discuter avec la personne de son choix. Les Exécuteurs ne faisaient bien sûr pas exception. Capitano avait un jour aperçu Lohefalter sortir d'une de ces salles en se repoudrant le visage, suivie de près par Pulcinella qui tenait son sac à main. Il n'avait aucune intention de se mêler des affaires privées d'une dame, et le maire était un homme qui savait garder un secret. Aucun d'eux n'en reparla jamais. Une autre fois, Capitano vit Dottore et Pantalone quitter ensemble cet établissement tard dans la soirée, tous deux arborant un large sourire. Comme on pouvait s'y attendre, Pulcinella leur passa rapidement un savon (« Ces deux-là pouvaient discuter où bon leur semblait ! Étaient-ils vraiment obligés d'occuper un espace commun ?! »). Il annonça alors que des mesures seraient prises pour mettre un terme à ce genre de comportement (« Dites au responsable de rejeter d'emblée les demandes de ces misérables la prochaine fois ! »). Malheureusement, aucun des deux ne réserva plus jamais de salle de consultation. N'ayant pas l'occasion d'infliger la punition qu'il avait préparée, Pulcinella dut une nouvelle fois ruminer sa frustration. Capitano ne savait pas quoi dire non plus. Plus tard, il offrit à Pulcinella une bonne bouteille de vin, même s'il ne lui demanda jamais s'il l'avait ouverte. En matière de vie privée, Capitano était pratiquement invisible. Qu'il soit présent ou non, cela ne changeait pas grand-chose aux discussions informelles des autres, à moins que la conversation ne devienne trop scandaleuse. Tout le monde s'accordait à dire que Capitano ne dénoncerait jamais personne. Parfois, il avait l'impression d'être une salle de consultation ambulante, absorbant en silence chaque secret chuchoté. Ces bavardages ne le dérangeaient pas. Après toutes ces années d'entraînement, son propre cœur pouvait parfois battre plus fort que celui de n'importe lequel de ses collègues. Assis dans la salle de consultation, il avait l'impression d'être une petite pièce enfermée dans une autre, puis dans une autre encore... jusqu'à ce que son âme se retrouve coincée en son centre, cernée par le haut et par le bas, par devant et par derrière, par la gauche et par la droite. La salle de réunion était petite, avec de lourds rideaux tirés aux fenêtres. Ce n'était pas parce que Pulcinella avait été avare, mais en raison d'une théorie selon laquelle les gens avaient plus de facilité à se faire confiance dans un cadre intime et chaleureux. Capitano n'avait aucune idée d'où venait cette théorie. Après y avoir réfléchi un instant, il retira son casque et le posa délicatement à côté de lui. À l'époque, son visage n'était pas encore aussi effrayant. Il semblait simplement marqué par davantage de cicatrices que la plupart des gens, des blessures qui refusaient obstinément de cicatriser, et dans la pénombre, ce spectacle n'était pas particulièrement terrifiant. L'homme qui l'avait invité à discuter était un de ses anciens élèves qui avait rejoint une unité d'opérations spéciales après avoir terminé sa formation. Capitano savait ce qui était arrivé à l'escouade de cet homme et avait donc une petite idée de ce dont il souhaitait parler. Ils avaient été envoyés dans une région reculée pour réprimer une émeute. Cela aurait dû être une mission relativement simple, mais tous les survivants qui étaient revenus avaient été profondément bouleversés. Finalement, n'ayant plus d'autre choix, ils avaient été contraints de faire appel à Dottore. Ce n'est qu'alors que la situation fut enfin sous contrôle. Capitano était présent à ce moment-là et, se sentant responsable de ces hommes, demanda : « Que leur as-tu donné ? » « Ça ? » Dottore sortit aussitôt un autre flacon en verre encore scellé et le lui tendit généreusement. « Un sédatif puissant. » Le flacon était toujours dans sa poche. Avec un peu de chance, il n'en aurait pas besoin aujourd'hui. Le soldat assis en face de lui avait l'air complètement épuisé. De sa seule main, il ouvrit sa montre à gousset, la referma, puis l'ouvrit à nouveau, comme pour vérifier que le temps continuait de s'écouler. « Je sais que beaucoup ont encore du mal à y croire, mais je vous jure que tout ce qui figure dans le rapport est vrai », déclara le soldat avec un sourire amer. « Ces gens n'avaient même jamais entendu parler de Sa Majesté la Tsarine. Ils pensaient que nous étions encore à l'époque du Tsar Belyi. Au début, ils nous traitaient de laquais des nivéoles et de monstres à quatre yeux. Ils nous aspergeaient d'eau, prétendant ainsi laver nos péchés de trahison et notre fausse foi... » « Oui, c'est dire à quel point tout cela semblait absurde au début ! Ils n'avaient même pas d'armes dignes de ce nom. Quelqu'un près de moi allait même jusqu'à rire. Notre chef d'escouade s'est lentement approché d'eux et a tenté de les raisonner. Il leur a dit que nous étions désormais à l'ère de l'humanité, que nous n'avions plus besoin de... » « Ensuite... Ensuite... » Capitano lut le rapport. Il se composait de témoignages recueillis après que les survivants eurent repris conscience, suivis de plusieurs notes que Dottore avait ajoutées après les avoir examinés. Les habitants souffraient depuis longtemps d'une forme d'hystérie collective d'origine virale, provoquée par le cannibalisme. C'était du moins ainsi que Dottore avait résumé la situation. Les soldats envoyés pour réprimer les tensions avaient développé les mêmes symptômes après avoir été en contact avec l'eau contaminée. Leur infection était toutefois moins grave, et ils pouvaient encore être sauvés. Dottore mit ensuite au point un nouveau traitement. Debout, les mains jointes derrière le dos, observant ses effets, il ressemblait presque à un vrai médecin. Tout à fait raisonnable. Le médecin ajusta ses lunettes. La façon dont il plissa les yeux le fit étrangement ressembler à quelqu'un d'autre. Ils vivaient dans un endroit si isolé et inhospitalier qu'on pouvait difficilement s'attendre à ce qu'ils aient autre chose à manger. Capitano soupira. Il n'avait aucune envie de perdre son temps à discuter avec un raisonnement aussi froid, mais pourtant si juste. Mais qui avait eu la gorge déchiquetée ? À qui appartenait le bras qui avait fini dans l'estomac de l'autre ? Était-ce vraiment quelque chose que le mot « raisonnable » pouvait expliquer ? « Peu importe. » Le soldat s'interrompit brusquement, arrachant Capitano à ses souvenirs lui aussi. « Le consultant m'a dit que si un jour j'arrivais à raconter tout ce qui s'était passé sans m'énerver, ça voudrait dire que j'étais en voie de guérison. Quelle bonne blague. .. Pardonnez-moi. » Il baissa immédiatement la tête pour s'excuser, puis jeta un nouveau coup d'œil à sa montre à gousset. « Je n'ai réservé qu'une heure. Je ne veux pas vous faire perdre trop de temps. En vérité... je suis venu vous dire au revoir. » Après le départ du soldat, Capitano examina les objets qu'il avait laissés derrière lui : une médaille en forme de fleur rouge, une plume, une bouteille d'alcool, un casque rapiécé qui semblait presque neuf, ainsi qu'une montre à gousset qui avait peut-être été laissée là intentionnellement ou simplement oubliée. Capitano soupçonnait que ces objets n'appartenaient pas tous à la même personne. Ils s'étaient simplement retrouvés ici par hasard. « J'aimerais que vous gardiez ces objets, monsieur » dit le soldat, qui avait déjà décidé de prendre sa retraite. « Ou bien vous pourriez les remettre à ceux qui viendront après moi. J'espère qu'ils auront plus de chance que nous. Ou peut-être... qu'ils seront un peu plus forts. » « Tu ne devrais pas penser comme ça », se dit Capitano, même s'il ne prononça jamais ces mots à voix haute. En réalité, ceux qui parviennent à survivre sont d'ores et déjà assez forts.

Calice de ton sang et de ta douleurCoupe d'éonothèmeCalice de ton sang et de ta douleur

Une bouteille de vin d'un rouge éclatant. Puissiez-vous ne jamais savoir ce qu'elle renferme...

Histoire de la pièce

La première nuit, il se tenait les mains croisées derrière le dos, au cœur d'une forêt de bouleaux où le vent glacial transperçait la chair jusqu'aux os. Les flocons de neige qui venaient se poser sur ses lunettes étaient encore plus agaçants que ceux qui atterrissaient sur son visage... Il les ôta avant de les ranger dans la poche de son manteau. Contrairement à ce que les autres auraient pu croire, Zandik connaissait les êtres humains dans les moindres détails. Premièrement, un être humain complet possède deux cent six os. La plupart utilisent leur cerveau pour réfléchir et ressentent généralement de la peur lorsqu'ils sont confrontés à une menace ou à un danger. Ensuite, dans cette définition, par souci d'exactitude, il avait volontairement ajouté des termes tels que « complet », « la plupart » et « généralement », afin d'éviter toute contestation fondée sur des exceptions. En fin de compte, la véritable profondeur de sa connaissance de l'humanité ne résidait pas dans les faits qu'il en connaissait, mais dans sa compréhension de son potentiel sans limite. La deuxième nuit, il s'installa près d'un faible feu de camp et partagea le repas du soir avec quelques villageois... Un mélange de plantes et de morceaux de viande. Une femme aux cheveux noirs et au visage profondément marqué par les rides attisait les braises, tentant de raviver les flammes. Zandik était convaincu qu'elle ignorait totalement pourquoi ce geste permettait soudainement au feu de reprendre. Elle ne faisait que reproduire ce que ses ancêtres avaient toujours accompli avec succès, perpétuant ainsi une habitude silencieuse transmise au fil des générations. Zandik estima également que son âge véritable devait être bien inférieur à ce que son apparence suggérait, et les autres villageois ne faisaient pas exception. Une existence misérable accélère le vieillissement et remplit les cœurs d'amertume. Cette fois, leur rancœur était dirigée contre le froid, la famine, les nivéoles, les nivéoles de rang supérieur, ainsi que les humains déchus qui s'étaient soumis à leur autorité. Zandik avait été prévenu que la vision du monde des habitants de cette région était particulièrement primitive, ce qui lui évita toute surprise. Étrangement, la maladie et la mort ne faisaient pas partie des choses auxquelles les villageois vouaient leur rancœur. Peut-être parce que les vivants luttent instinctivement pour continuer d'exister, tandis que les morts épargnent à tous bien des difficultés. Habituellement, l'apparition soudaine d'un étranger représente une menace et provoque inévitablement la peur chez les habitants. Heureusement, Zandik, qui connaissait parfaitement la nature humaine, avait pris ses dispositions, les restes d'animaux évoqués plus étaient sa contribution. Cet endroit était parfait. La glace et les tempêtes de neige isolaient cette région du reste du monde, telle une réalité enfermée dans une coquille. Les comportements humains y étaient plus rudimentaires, et le fil de l'histoire semblait s'y être arrêté. Cet endroit aurait dû engendrer bien plus de possibilités, et lorsqu'il parlait de ce dont l'être humain était capable de faire, Zandik ne faisait pas forcément référence à quelque chose de positif. Si l'on fait abstraction de ses liens avec le monde extérieur, un cerveau humain placé dans un réservoir d'eau n'est pas différent d'un cerveau logé dans un crâne. Tant que les signaux appropriés peuvent être simulés, ses réactions peuvent être anticipées. Alors que Dottore ajoutait des matériaux expérimentaux dans le réservoir, une voix enfantine retentit non loin de là. Elle demanda : « Sur ta bouteille, c'est un papillon ? » Il fallait une curiosité exceptionnelle à cet enfant pour sortir par une nuit glaciale, simplement afin de l'observer réaliser ses expériences. S'il était encore plus curieux, s'il poussait son exploration un peu plus loin, s'il traversait cette forêt de bouleaux blancs, peut-être qu'une existence bien plus palpitante l'attendrait. Pour saluer sa curiosité, Dottore lui lança la bouteille désormais vide en lui affirmant que ce n'était pas un papillon, mais un monstre à quatre yeux ! L'enfant recula immédiatement, terrifié, tandis que la bouteille d'un rouge éclatant tomba dans la neige. Cette réaction correspondant exactement à ses attentes, Dottore perdit rapidement tout intérêt et retourna à ses expériences. La dixième nuit, la nourriture et l'eau de son sac avaient considérablement diminué, remplacées par des notes détaillées concernant ses expériences sur des substances psychoactives. Les résultats correspondaient à ses prévisions : le contrôle mental provoqué par les drogues pouvait fonctionner dans les deux sens. La stimulation comme la sédation possédaient chacune leur utilité... Que ce soit pour des interrogatoires ou des traitements psychologiques, leur potentiel commercial semblait particulièrement prometteur. Les résultats des expériences furent fantastiques, mais cela signifiait aussi que le temps où Zandik était lui-même touchait à sa fin. Bientôt, il retournerait au château des Fatui, reprendrait son identité de Dottore et s'occuperait d'affaires d'une nature un peu plus humaine. C'est si loin, pensa-t-il avec regret en tournant son regard vers Snezhnograd. Si seulement il pouvait opérer son propre cerveau, il pourrait alors se détendre et voyager confortablement, comme tout le monde.

Témoignage de ta foiDiadème de LogosTémoignage de ta foi

Un casque d'un rouge éclatant. Espérons qu'il ait, un jour, protégé quelqu'un...

Histoire de la pièce

Pantalone est assis dans le théâtre, immobile comme une statue. Seul son index trahit un signe de vie, tapotant de temps à autre au rythme de la musique. Le spectacle d'aujourd'hui ne met en scène ni un artiste célèbre ni une pièce à succès, et de nombreuses places dans la salle restent vides. Pourtant, il vient et s'assoit seul. Son médecin préfère qu'il passe son temps libre en public, où il n'a aucune occasion de se livrer à des activités susceptibles de nuire à sa santé. De plus, dans la loge réservée aux Fatui, il a peu de chances d'être attaqué par quelqu'un d'autre que ses collègues. Dans l'ensemble, c'est presque le meilleur endroit où il puisse se trouver. Les comédiens sur scène chantent l'amour et l'acceptation, mais les histoires touchantes ne trouvent que rarement grâce aux yeux du public d'ici. Ce n'est pas que les habitants de Snezhnaya n'aiment pas les fins heureuses. C'est plutôt qu'avant de mériter une telle fin, les personnages doivent endurer épreuve après épreuve, donnant ainsi voix à tout le mal-être qui s'accumule dans le cœur de ceux qui peuplent ces terres gelées. Il faut briser les chaînes d'un monde en déclin et continuer à lutter, à travers les forêts et le vent glacial, avant de pouvoir espérer apercevoir au loin la silhouette d'un monde plus chaleureux. Mais ce n'est pas tout. Ce monde en apparence chaleureux n'est pas non plus le vôtre. Si vous n'avez aucune utilité et ne pouvez rien faire d'autre que quémander une compassion qui ne vous est pas destinée, rien ne changera. Malgré tout, il n'y a pas de retour en arrière possible. C'est la leçon qu'il a apprise : une fois que les chaînes vous retiennent à nouveau, elles ne font que se resserrer. Pour vous libérer une seconde fois, tout ce que vous pouvez faire, c'est attendre qu'une occasion se présente, même si elle risque de vous mener vers des horizons encore plus sombres. Il avait un jour abordé le sujet au cours d'une conversation informelle. Sa terre natale cherchait à dompter ceux qui refusaient de se plier à ses règles par la violence et l'enfermement, tandis que la patrie de son ami avait plutôt opté pour l'exil. Même une même mentalité étroite pouvait prendre plusieurs formes et ouvrir la voie à différentes possibilités. À ces mots, ils éclatèrent tous deux de rire, comme si chacun prenait plaisir à constater la souffrance de l'autre. Au cours des vingt premières années de sa vie, le bonheur ne lui était accordé que par instants fugaces, comme le jour où sa mère l'avait vendu à des percepteurs de dettes, ou ces moments où il avait fait fortune aux dépens de hauts fonctionnaires et de nobles et où il croyait à tort avoir une chance d'intégrer leurs rangs. Ne vous y méprenez pas, il n'était pas satisfait du prix qu'il avait obtenu, ni de la fortune qu'il avait amassée ensuite. Au contraire, quelque part dans son subconscient, il pressentait que sa valeur allait augmenter (après tout, combien de personnes sont vendues deux fois au cours d'une vie ?). Cette femme trouva enfin l'occasion de se débarrasser de ce monstre dissident, mais ce faisant, elle lui offrit également la chance de s'échapper de ce désert glacé, un endroit dont même les bêtes sauvages voulaient rester à l'écart. Grâce à la situation précaire de son « père adoptif », il apprit à faire fructifier son argent. Les nobles de mèche avec la pègre l'ont attiré dans un piège en lui faisant miroiter des bénéfices, mais au fond de ce piège se trouvait un chemin menant à un pouvoir plus grand encore que celui de la noblesse elle-même. Et comme chacun de ces rebondissements étranges ne s'était produit qu'après avoir cessé de prier les cieux, il se mit à remettre encore davantage en question les règles établies de ce monde. Ce n'est qu'après avoir renoncé à sa vénération envers les divinités et s'être rallié aux parias de ce monde qu'il devint éligible pour être recruté par ces mêmes divinités. Nul ne sait si le public pourrait tolérer une histoire aussi effrayante. Heureusement, il n'a nullement l'intention de la raconter. Alors que retentit le dernier morceau du spectacle, quelqu'un fait irruption sans crier gare. Une seule personne serait assez irrespectueuse pour interrompre quelqu'un qui savoure la fin d'une représentation. Et si la nouvelle Exécutrice avait été présente, ses jurons auraient causé deux fois plus de désagréments. En parlant de sa nouvelle collègue, Pantalone la trouve très intéressante. Dès son arrivée, elle commença à exprimer son mécontentement face à toutes sortes de procédures, incarnant à la perfection l'esprit rebelle que l'on attend d'une Exécutrice. La tentative de Pulcinella de se servir d'elle pour s'assurer une part des bénéfices de la Guilde des aventuriers a clairement échoué. La jeune fille n'aurait jamais prêté attention aux paroles mielleuses de cet hypocrite de politicien. D'ailleurs, ce sont ses créations qui ont pris en charge tout ce fastidieux travail d'accueil. Bien qu'il ne puisse pas se montrer trop enthousiaste, Pantalone a néanmoins cédé à Sandrone la part qui lui revient de droit, et ce, en toute sincérité. Il s'agit simplement d'un échange équitable, un principe auquel il adhère pleinement. Pantalone a passé une grande partie du spectacle plongé dans ses pensées, il est donc tout à fait naturel qu'il ne s'intéresse guère à la fin de celui-ci. Il se lève et se tourne vers Dottore, qui vient manifestement tout juste de rentrer à Snezhnograd, et déduit de son expression que tout s'est bien passé. Il y a quelque temps, Dottore avait proposé une nouvelle idée pour une expérience, et Pantalone connaissait justement l'endroit idéal pour la mener à bien. Cela aussi s'inscrit dans le cadre d'un échange équitable, auquel il adhère pleinement.

Progression de l'artéfact

Statistiques possibles par pièce

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Fleur de la vie · 5

Statistiques principales par niveau

Progression des statistiques principales de Fleur de la vie en rareté 5★.
NiveauPV
+0717
+1920
+21 123
+31 326
+41 530
+51 733
+61 936
+72 139
+82 342
+92 545
+102 749
+112 952
+123 155
+133 358
+143 561
+153 764
+163 967
+174 171
+184 374
+194 577
+204 780

Sous-statistiques possibles

Chaque apparition ou amélioration d'une sous-statistique utilise l'une des valeurs de tirage affichées.

Valeurs possibles pour un tirage de sous-statistique en rareté 5★.
StatistiqueTirage 1Tirage 2Tirage 3Tirage 4
PV209239269299
PV %4,1 %4,7 %5,3 %5,8 %
ATQ14161819
ATQ %4,1 %4,7 %5,3 %5,8 %
DÉF16192123
DÉF %5,1 %5,8 %6,6 %7,3 %
Maîtrise élémentaire16192123
Taux CRIT2,7 %3,1 %3,5 %3,9 %
DGT CRIT5,4 %6,2 %7,0 %7,8 %
Recharge d'énergie4,5 %5,2 %5,8 %6,5 %